ISS : deux astronautes mobilisés pour une sortie spatiale de 6h30 afin de réparer le bras robotique Canadarm

Une intervention technique essentielle à bord de la Station spatiale internationale

Mardi 30 juin 2026, deux astronautes américains de la Station spatiale internationale (ISS) effectueront une sortie extravéhiculaire de six heures et demie pour remplacer un composant défectueux du bras robotique Canadarm. Cette opération, particulièrement exigeante, illustre les défis permanents liés à la maintenance de l’avant-poste orbital, alors que l’ISS approche progressivement de la fin de sa durée de vie opérationnelle.

La mission mobilisera également le reste de l’équipage, dont l’astronaute française Sophie Adenot, chargée d’assister ses collègues depuis l’intérieur de la station.

Une panne détectée lors d’une opération de routine

Le problème a été identifié en mai 2026 lors d’une intervention classique impliquant le Canadarm, un bras robotique motorisé de plus de 17 mètres de long utilisé pour de nombreuses opérations extérieures.

« On s’est rendu compte que le bras ne bougeait pas comme d’habitude », explique Bill Spetch, l’un des responsables de la maintenance à la NASA.

Après inspection, les équipes ont découvert qu’un joint d’articulation présentait des signes de faiblesse. Pour éviter une dégradation plus importante du système, la NASA a décidé de remplacer la pièce concernée.

Cette composante, qui pèse plus de 90 kilogrammes sur Terre, dispose d’un exemplaire de rechange stocké à bord de l’ISS.

Une réparation longue et physiquement éprouvante

Les astronautes Jessica Meir et Christopher Williams seront chargés de réaliser l’intervention. Leur mission consistera à transporter la pièce de remplacement, démonter l’élément défectueux puis installer le nouveau composant.

Une tâche complexe qui devrait durer environ six heures et demie.

Selon Benjamin Peter, responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’Espace de Toulouse, ce type d’opération demeure exceptionnel.

« On ne sort jamais dans l’espace pour le plaisir. On le fait toujours parce qu’il y a une nécessité. »

Il s’agit de la deuxième sortie extravéhiculaire effectuée par cet équipage du Crew-12 en quelques mois. Une première intervention avait déjà eu lieu en mars 2026 pour une autre opération de maintenance.

Des sorties dans l’espace encadrées par des protocoles stricts

Les sorties extravéhiculaires figurent parmi les activités les plus risquées réalisées par les astronautes. Chaque intervention nécessite plusieurs semaines de préparation et le respect de procédures de sécurité particulièrement rigoureuses.

« C’est dangereux, il y a donc tout un cahier des charges à suivre. On ne le fait pas à n’importe quel moment juste pour le plaisir de voir la Terre depuis l’extérieur de la station », souligne Benjamin Peter.

Des scaphandres toujours très contraignants

Pour cette mission, les astronautes utiliseront le scaphandre américain EMU (Extravehicular Mobility Unit), principal équipement employé par la NASA lors des sorties spatiales.

Malgré les avancées technologiques, ces combinaisons restent lourdes, rigides et difficiles à manœuvrer. Avant leur sortie, les astronautes doivent suivre une phase de préparation destinée à réduire la quantité d’azote présente dans leur organisme.

Comme les plongeurs avant une immersion profonde, ils respirent de l’oxygène pur pendant plusieurs heures afin d’éviter les effets liés aux variations de pression. Leur scaphandre est également alimenté exclusivement en oxygène.

Cette configuration permet d’améliorer leur mobilité, même si les efforts physiques restent considérables.

Selon Benjamin Peter, l’énergie dépensée au cours d’une sortie de 6h30 est comparable à celle nécessaire pour courir un marathon.

Une sécurité permanente à l’extérieur de l’ISS

Lorsqu’ils travaillent à l’extérieur de la station, les astronautes demeurent constamment reliés à l’ISS par différents dispositifs de sécurité.

Ils disposent d’une liaison radio continue avec le centre de contrôle et leurs collègues à bord. Surtout, ils sont attachés à la structure par des lignes de vie et des filins de sécurité, comparables aux systèmes utilisés dans certains parcours d’accrobranche.

Des poignées, des échelons et des points d’ancrage répartis sur l’ensemble de la station facilitent également leurs déplacements dans le vide spatial.

En temps normal, le Canadarm joue un rôle central dans ces opérations. Les astronautes peuvent s’y fixer au niveau des pieds afin d’être déplacés avec précision vers les zones d’intervention. Sa panne actuelle complique donc certaines tâches et renforce l’urgence de sa remise en service.

Le vieillissement de l’ISS de plus en plus visible

Installé en 2001, le Canadarm est en service depuis vingt-cinq ans. Son vieillissement reflète celui de l’ensemble de la Station spatiale internationale, dont les premiers modules ont été lancés à la fin des années 1990.

L’ISS demeure aujourd’hui un laboratoire scientifique majeur pour la recherche internationale, accueillant des expériences en microgravité dans des domaines allant de la médecine à la physique des matériaux.

Cependant, les signes d’usure se multiplient à mesure que la station avance en âge. Les agences spatiales partenaires prévoient désormais sa désorbitation aux alentours de 2030. À terme, elle devrait être remplacée par une nouvelle génération de stations commerciales privées actuellement en développement.

La réparation du Canadarm constitue ainsi bien plus qu’une simple opération de maintenance : elle participe à prolonger les capacités opérationnelles de l’ISS durant les dernières années de son existence, alors que la transition vers l’orbite commerciale se prépare progressivement.

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