Le coût du gaz connaît une nouvelle poussée à l’approche de la saison de chauffe. Après une forte progression des cours de gros depuis la fin de l’hiver, le prix repère de vente du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) atteindra 182,88 € TTC par mégawattheure au 1er octobre 2026, son niveau le plus élevé depuis la création de cet indicateur en 2023.
Fin février, le gaz s’échangeait à 31,96 € le mégawattheure sur le marché européen au comptant. Vendredi 11 septembre, le contrat prévoyant une livraison en octobre atteignait 79,03 € sur la place de marché française. En six mois, le prix a ainsi été multiplié par environ 2,5.
Le marché de gros du gaz sous pression depuis plusieurs mois
Le PEG, principale référence française pour les échanges de gaz, joue un rôle déterminant dans les coûts d’approvisionnement des fournisseurs. Ces derniers y sécurisent notamment les volumes destinés à leurs clients.
La hausse observée depuis le printemps s’est installée progressivement, dans un environnement marqué par les tensions au Moyen-Orient et par les besoins de reconstitution des stocks européens avant l’hiver.
Le contrat pour livraison en octobre illustre cette évolution. Son prix moyen s’établissait à 43,38 € le mégawattheure en avril, contre 79,03 € lors de la dernière cotation de la semaine du 11 septembre.
Le gaz destiné à être consommé cet automne a donc été acheté à un prix presque deux fois supérieur à celui observé au printemps, précisément au moment où les fournisseurs devaient sécuriser une partie de leurs besoins pour la période de chauffage.
Le prix repère du gaz atteint un sommet en octobre
Mis en place après la disparition du tarif réglementé de vente du gaz en 2023, le prix repère publié par la CRE constitue désormais un indicateur central pour les consommateurs et les fournisseurs.
Il ne s’agit pas d’un tarif obligatoire, mais de nombreuses offres commerciales sont directement ou indirectement indexées sur son évolution. Le barème est actualisé chaque mois en tenant notamment compte des conditions d’approvisionnement.
Une hausse de 17 % du coût d’approvisionnement
Entre septembre et octobre, la composante liée à l’approvisionnement passe de 52,30 € à 61,22 € par mégawattheure, soit une augmentation de 17 % en un mois.
Cette évolution explique la hausse du barème d’octobre, tandis que les taxes et les coûts liés aux réseaux restent inchangés.
Le prix repère moyen passe ainsi de 172,05 € à 182,88 € TTC par mégawattheure, soit une progression de 6,3 %. Selon les calculs de la CRE, cette évolution représente en moyenne 5,28 € TTC supplémentaires sur la facture d’octobre.
Pour les logements utilisant le gaz comme mode principal de chauffage, l’impact est plus marqué : le prix du kilowattheure de la catégorie chauffage augmente de 8 %.
| Poste | Septembre | Octobre |
|---|---|---|
| kWh chauffage (classe B1) | 0,13474 € | 0,14558 € |
| kWh cuisson et eau chaude (B0) | 0,16758 € | 0,17833 € |
| Abonnement annuel B1 | 360,79 € | 360,79 € |
| Facture pour 11 370 kWh | 1 893 € | 2 016 € |
Une facture annuelle supérieure à 2 000 € pour un foyer chauffé au gaz
La CRE utilise une consommation annuelle de référence de 11 370 kWh pour un logement chauffé au gaz. Sur cette base, la facture théorique annuelle passerait de 1 893 € en septembre à 2 016 € avec le barème d’octobre.
Cela représente une augmentation de 123 € sur douze mois.
Le surcoût concentré pendant la saison de chauffe
L’effet sur le budget des ménages sera particulièrement visible entre octobre et mars. C’est pendant cette période qu’un logement chauffé au gaz consomme la majeure partie de son énergie annuelle.
Un foyer qui remet son chauffage en fonctionnement à la fin du mois de septembre sera donc directement exposé au nouveau barème dès les premières factures de l’automne.
La zone tarifaire peut entraîner de légères différences dans le montant payé, notamment en fonction des conditions d’acheminement. La consommation réelle du logement reste toutefois le principal facteur déterminant le niveau final de la facture.
Un automne sous surveillance pour les consommateurs
La forte remontée des cours de gros depuis février confirme que le marché du gaz reste sensible aux tensions géopolitiques, aux niveaux de stockage européens et aux perspectives de consommation hivernale.
Avec un prix repère de 182,88 € TTC par mégawattheure dès le 1er octobre et une facture théorique dépassant 2 000 € par an pour un logement consommant 11 370 kWh, le début de la saison de chauffe 2026 s’annonce nettement plus coûteux pour les ménages français utilisant le gaz.

Damien Forest écrit pour Algerie Monde Infos sur l’actualité, la politique, l’économie, la technologie, le sport, le divertissement et le lifestyle. Il privilégie une information claire, fiable et accessible, en mettant l’accent sur les sujets et événements qui intéressent les lecteurs.
