Après plusieurs mois de ralentissement, l’inflation montre de nouveaux signes de reprise en France. Selon une première estimation publiée par l’Insee ce vendredi, la hausse des prix à la consommation a atteint 1 % sur un an en février 2026. Une évolution encore modérée, mais qui marque un net rebond par rapport au mois précédent et qui s’explique en grande partie par l’évolution des tarifs de l’énergie, notamment de l’électricité.
Une inflation annuelle en nette accélération
En février, l’indice des prix à la consommation a progressé de 1 % sur un an, contre seulement 0,3 % en janvier. Cette remontée s’explique en grande partie par un phénomène statistique lié aux prix de l’électricité. L’Insee évoque en effet un « effet de base », rappelant que les tarifs avaient fortement reculé en février 2025, notamment sous l’effet des mesures publiques de régulation et de la baisse des coûts de gros.
Cette comparaison avec un niveau particulièrement bas un an plus tôt accentue mécaniquement la hausse observée cette année.
Au-delà de l’énergie, d’autres secteurs contribuent également à cette reprise. Les prix ont augmenté plus rapidement dans l’alimentation, un poste de dépense particulièrement sensible pour les ménages français, ainsi que dans les services et le tabac. Dans le même temps, les prix de l’énergie et des produits manufacturés ont continué de baisser, mais de manière moins marquée qu’en janvier.
Une hausse de 0,7 % sur un mois liée à la fin des soldes
Sur un mois, la progression est encore plus visible. Les prix à la consommation ont augmenté de 0,7 % en février, après une baisse de 0,3 % en janvier.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. L’Insee souligne notamment la hausse des prix des services, portée par un rebond saisonnier dans les transports, une tendance classique après la période hivernale et les ajustements tarifaires du début d’année.
Autre élément déterminant : la fin des soldes d’hiver, un rendez-vous commercial très suivi en France, qui a entraîné une remontée des prix dans l’habillement et les chaussures. Ces promotions, généralement concentrées en janvier, contribuent temporairement à freiner l’inflation avant un retour à des niveaux plus élevés en février.
Les prix de l’alimentation, de l’énergie et du tabac ont également légèrement progressé sur un mois, confirmant une tendance globale à la hausse.
Une inflation loin des niveaux records de 2023
Malgré ce rebond, la situation reste sans commune mesure avec la période récente. Pour mémoire, l’inflation avait dépassé les 6 % au début de l’année 2023, dans le sillage de la crise énergétique provoquée par la reprise économique post-Covid et les tensions internationales, notamment la guerre en Ukraine.
Comme ailleurs en Europe, cette flambée avait fortement pesé sur le pouvoir d’achat des ménages et conduit les autorités françaises à mettre en place plusieurs dispositifs de soutien, comme le bouclier tarifaire sur l’énergie.
Depuis, la hausse des prix a nettement ralenti, grâce à la stabilisation des marchés de l’énergie et au resserrement des politiques monétaires menées par la Banque centrale européenne.
Quel impact pour les ménages français ?
Même limitée, la reprise de l’inflation reste un indicateur scruté de près, tant par les pouvoirs publics que par les consommateurs. En France, où les dépenses contraintes — logement, énergie, alimentation — représentent une part importante du budget des ménages, toute variation des prix a des répercussions directes sur le pouvoir d’achat.
La hausse des tarifs de l’électricité, en particulier, constitue un sujet sensible, alors que de nombreux foyers ont déjà été confrontés à des factures élevées ces dernières années.
Une tendance à surveiller dans les prochains mois
Ce rebond à 1 % sur un an ne marque pas nécessairement un retour à une inflation forte, mais il confirme que la stabilité des prix reste fragile. L’évolution des coûts de l’énergie, le contexte international et la dynamique de la consommation seront déterminants dans les mois à venir.
Pour l’heure, l’inflation demeure contenue, mais cette reprise rappelle que la question du pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations économiques des Français.

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